Publié par : m2museologie | 10/11/2010

Santé orientale et santé occidentale

Santé orientale et santé occidentale

La santé, qui est recherchée depuis longtemps, est une valeur transcendante. Aujourd’hui, à travers le monde, la notion de santé est deverse, importante et, en même temps intégrée dans le monde actuel. Dans cette situation, une discussion concernant la création du musée de la santé offre l’occasion de resonger à la santé. La notion de santé orientale est différente de la notion de santé occidentale, il est donc nécessaire de comparer ces deux notions afin de traiter la question sur la santé générale, puisqu’elle n’est pas valeur localisée mais bien plutôt de sens mondial.

01) la santé orientale et occidentale

La notion orientale de la santé est basée sur la philosophie orientale de l’Antiquité1) et le confucianisme. La philosophie des principes yin(陰-femelle) et yang(陽-mâle)2) et des cinq éléments(bois, feu, terre, métal, eau – cf : croqui) est une essence de la philosophie de l’Antiquité, elle suit une théorie qui dit que toute chose est constituée de mouvements suivant principes yin et yang et les cinq éléments.3) Ce principe introduit la médecine orientale qui présente des états actuels, biologiques, du corps humain en relation avec une situation extérieur, il définit un état stable ayant une liaison organique avec toutes les conditions autour d’une personne.

 Figure 01. Croquis des cinq éléments qui présente la relation des organes internes.

 

Le confucianisme est une philosophie qui a pour vertu la doctrine selon laquelle l’homme naît bon. Pour maintenir cette situation, l’homme doit mener une vie morale en purifiant le coeur et le corps : cela signifie avoir une santé idéale. Autrement dit, ce concept présente l’idée d’une vie harmonieuse dans l’équilibre entre le corps et l’esprit, le point le plus important étant l’esprit. Pour poursuivre une vie morale, il est essentiel de calmer l’opposition corps/coeur, car ce désaccord devient maladies. Les maladies sont causées par des facteurs extérieurs et intérieurs ou des accidents, la raison principale des maladies est les sept sentiments humains : joie, colère, tristesse, peur, amour, haine, envie. Ce qui signifie que tomder malade est, non seulement, une condition physique, mais aussi, une condition mentale. Sachant la relation physique/esprit est étroite, la médecine ne peut plus se concentrer seulement sur des soins physiques car un manque d’harmonie entre ces deux constituants cause des souffrances morales et provoque une perte de santé.

 

Ainsi, l’aspect oriental de la santé traite des conditions de l’esprit avec importance, de plus, les états corporels sont expliqués par un concept général selon lequel tous les organes internes et externes sont connectés. La meilleure illustration de cette idée est l’acupuncture, des points méridiens qui sont des points précis des tissus ou des organes dans lesquels on introduit des aiguilles pendant un temps variable pour soigner et ceci malgré une distance longue entre ces points et les parties blessées. Á l’opposé de ce point de vue est le point de vue occidental qui considère la santé metale comme un domaine indépendant : pour la santé, la condition physique est plus « importante » que celle de l’esprit. Cette définition propose la notion matérielle, non philosophique et anatomique comparée à la définition de santé orientale. Dans l’aspect oriental, la santé mentale n’est pas seulement le résultat de l’activité cérébrale mais bien plutôt la liaison avec toutes les parties internes du corps : c’est la différence essentielle entre le point de vue oriental et celui de l’occident.

La médecine occidentale est basée sur la science physique. Dans la conception médicale de l’occident, ,avant Descartes, qui a proposé une théorie de l’activité mentale basée sur le physique et la connexion avec celui-ci, le psychisme était expliqué de manière religieuse ou métaphysique.

Figure 02. L’illustration dans la copie du livre de prière de Henri Ⅱ au 16e siècle.4)

 

De plus, après une époque dominée par la phrénologie, le cerveau est devenu le noyau du psychisme après la découverte du centre de la langue. Aujourd’hui, les activités mentales sont justifiées par des réseaux cérébraux, de ce point de vue, l’état du coeur est une autre question, et la force physique est plus forte et importante que l’influence mentale.

 

 

02) La médecine orientale et occidentale5)

La médecine orientale traite des maladies avec un point de vue total, en revanche, la médecine occidentale a un aspect analytique différencié pour appliquer des traitements médicaux. La médecine occidentale considère des facteurs extérieurs comme causes principales de l’attaque d’une maladie, des bactéries, des virus, etc. Ainsi, les traitements médicaux s’appuient sur des symptômes et mettent l’accent sur l’éradication de ces virus. Un des avantages de ces soins est un pronostic favorable, les effets sont aussi, très précoces. Au contraire, la médecine de l’Orient accorde de l’importance à la cause des maladies plutôt qu’aux symptômes externes et tous les facteurs internes doivent être pris en considération même s’il n’y a pas d’effet immédiat. Car, une maladie signifie la perte de l’union des forces Yin et Yang, récupérer l’harmonie ne peut pas se réaliser immédiatement. Et conduire les patients vers une guérison spontanée est le point le plus important dans cet aspect : l’aide d’un médicament artificiel est plutôt considérée comme quelque chose de nuisible.

 

Aussi, en cas d’utilisation de moyens médicaux, il y a beaucoup de différences entre la médecine occidentale et la médecine traditionnelle de l’Orient. La médecine occidentale utilise des machines complexes, sans toucher directement, pour définir les facteurs d’une maladie et les traitements médicaux : ces moyens provoquent des devéloppements des instruments et appareils. En revanche, une base de la médecine coréenne est la palpation afin de diagnostiquer des maladies et de soigner des malades avec l’acupuncture, le moxa et des moyens thérapeutiques de Chuna etc. De nos jours, évidemment, beaucoup d’appareils sont introduits, mais la sensation de la main pour sentir l’énergie est toujours importante.

 

 

03) La science médicale des quatres éléments (la médecine coréenne)6)

La médecine coréenne, débutant en 2333 avant J.-C, est une partie de la vie quotidienne des coréens. Au début, elle a été influencée par la médecine chinoise mais peu à peu elle a pu se devélopper de manière unique et se transformer en science médicale dans la culture national en faisant la synthèse des divers théories médicales.

 

Au 19e siècle, la science médicale des quatres éléments présentée par Je-ma, YI a approfondi l’humain sous des aspects multiples : elle est parfois considérée comme de l’anthropologie en dépassant le domaine médical. La médecine des quatres éléments comprend quatre habitus humains(petit yin, grand yin, petit yang, grand yang)7) selon lesquels les diagnostics et les traitements médicaux changent. La médecine précédente donnait des soins médicaux de façon visible en utilisant les cinq sens. Mais, selon le point de vues de cette science médicale, le physique et l’esprit sont une organisation unie entourée de situations sociales. De plus, elle se laisse influencer par le confucianisme, elle propose donc la santé morale en présentant huit conditions : bien réfléchir avant de parler ; s’abstenir de désir sexuel ; éviter le gras ; se défendre de l’excitation et la colère ; manger avec mesure ; s’éloigner de la convoitise ; se rapprocher de la musique ; éviter la fatigue, en respectant ces conditions, nous pouvons être en bonne santé. En plus de ces moyens dans la vie quotidiennes, cette médecine remet de l’ordre dans des pratiques thérapeutiques populaires traditionnelles pour diffuser des connaissances médicales chez le public de manière pratique. Par exemple, elle propose un régime alimentaire basé sur quatres habitus avec lequel la prévention contre les maladies prédomine sur la santé courante.

04) La réalisation du musée de la santé

Pour la création du musée de la santé, il y a deux problématiques : l’établissement du concept de la santé et le fondement du statut de ce musée.

D’abord, si le musée de la santé, qui va être créé, garde son nom, il doit contenir un aspect général car la médecine est une partie de la santé. Autrement dit, si on détermine la notion de la santé de manière ancienne, cela peut s’éloigner du concept actuel. Mais jusqu’à aujourd’hui, le musée contenant un sens général de santé n’existe pas encore : il n’y a que des musées de médecine qui sont considérés comme des collections concernant la santé, c’est-à-dire, elle est prise dans un sens médical. Par exemple, le musée des HCL présentant l’histoire de la médecine et de la pharmacie fait revivre le point de vue du passé, médicalement, et déploie l’histoire de la médecine et pharmacie européenne avec ses collections immenses. Nous ne pouvons découvrir aucun un point qui le lie à la notion d’aujourd’hui même s’il y a des connaissances du passées exposées. Comme on l’a vu précédemment, la notion de la santé en dépassant les bornes matérielles se transforme en valeur vivante dans une société. Il faut donc appliquer la notion de santé totale à la conception physique du passé, autrement dit, ces deux concepts doivent être accorder dans le musée de la santé.

Ensuite, comment faire incarner une position au musée de la santé? Si on tient compte du rôle du musée, en tant qu’institution de formation continue, le point éducatif serait d’insister sur un point conceptuel. Par exemple, le musée de l’histoire de la médecine, à la faculté de médecine, dans lequel nous pouvons voir un résumé des médecines européennes avec riches collections. Celui-ci est un endroit où des étudiants peuvent apprendre certains savoirs médicaux du passé même s’il est difficile d’appréhender le concept du musée et de le comprendre pour les visiteurs sans relation avec la médecine. Cette situation est similaire avec le musée de la médecine de Séoul8) et celui de Dong-Eun.9)

 Figure 03. La façade du musée de la médecine de Séoul.

 

Au 18esiècle, la Corée a été touchée par la médecine occidentale, en particulier par la vaccination antivariolique. Et au 19esiècle, il y a eu une vague d’ouverture à la civilisation occidentale grâce à laquelle la médecine occidentale a été introduite. Jejungwon, fondé en 1885, est le premier hôpital à l’occidental en Corée. Cet hôpital a été créé par Horace. N. Allen, médecin évangélique aux Etats-Unis, et cet hôpital est devenu l’Université de Yonsei. En 1899, l’hôpital de Daehan a été fondé par le gouvernement et il est devenu une partie de l’Université de Séoul. Ces deux établissements ont joué un rôle majeur de l’introduction de la médecine occidentale et, aujourd’hui, ils sont transformés en musée de la médecine. Ces deux musées ont, non seulememt, une relation proche avec la faculté de médecine, mais aussi, avec les programmes éducatifs ayant pour but de diffuser des connaissances déstinées au public car, dans les musées coréens, « toucher un objet de la main » et « participer à une activité » sont considérés comme des moyens désirables de communication entre le musée et les visiteurs.

Figure 04. Une des activités dans le musée de la médecine de Séoul et une salle d’exposition.

 

Nous pouvons aussi trouver cela dans le musée médical de la faculté de Kawasaki10) au Japon. Depuis longtemps, la formation médicale avec des objets réel paraît une des manières pratiques ayant pour but de faire comprendre la médecine.

 

Figure 05. Salles d’exposition du musée médical de la faculté de Kawasaki.

 

Figure 06. Le programme central du musée médical de la faculté de Kawasaki est l’allaitement maternel.

 

D’autre part, la médecine traditionnelle et occientale coexistent en Corée. La médecine occientale est importante dans le domaine chirurgical et celle de l’Orient met l’accent sur des soins pour améliorer les habitus et avoir une harmonie du corps. Mais les traitements traditionaux sont parfois considérés comme moyens secondaires car l’époque moderne souligne l’importance des techniques chirurgicales. Ce point de vue provoque un mépris de la tradition médicale. Pour résoudre ce problème, il y a eu un projet : le musée de la médecine coréenne11), en 2007, à Sancheong situé au sud de la Corée. Ce musée est constitué d’un grand centre médical dans lequel les visiteurs peuvent observer l’histoire de la médecine coréenne et apprendre des pratiques thérapeutiques populaires traditionnelles. Ils peuvent aussi prendre connaissances des médicaments traditionaux en maniant des instruments médicaux. De plus, il y a beaucoup de programmes éducatifs : les visiteurs peuvent étudier la médecine coréenne en regardant un film en 3D et s’approprier le mode d’emploi des produits pharmaceutiques dans leur environnement naturel.

 

Figure 07. La salle du cinéma en 3D et une activité pour des enfants

dans le musée de la médecine coréenne de Sancheong.

 

 

Figure 08. Des mannequins dans le musée de la médecine coréenne de Sancheong.

 

Par ailleurs, en Corée, ont lieu des expositions universelles soutenues par des associations ou des communautés municipales, elles proposent d’étudier l’état de la société lié à la santé médicale. En mai 2010, une exposition universelle de la santé12) a eu lieu à Séoul, la substance de cette exposition était l’éducation pour une vie active des enfants et le développement mental de ceux-ci. Le point le plus important a été la réunion du domaine médical, culturel et artistique pour la formation des visiteurs.

Figure 09. Des activités pour des enfants dans l’exposition universelle, en mai 2010.

 

Les visiteurs appréhendent et découvrent des objets muséaux en touchant des imitations, en regardant des mannequins, en participant aux conférences. Ces activités pédagogiques dans des musées contribuent à la diffusion des connaissances qui est un des rôles essentiels du musée. De cette façon, aujourd’hui, cette conception est en train d’arriver dans plusieurs musées, mais elle n’est pas beaucoup introduite dans les musées européens malgré de riches collections. Par exemple, dans le musées des HCL, il y a beaucoup d’instruments médicaux à l’intérieur de vitrines, mais les visiteurs doivent imaginer leurs usages. Il est donc difficile de s’approcher des connaissances particulières, comme pour le musée de la médecine. C’est pourquoi il vaut mieux qu’il y ait des programmes d’enseignement au niveau de public.

 

Les objets muséaux sont rassemblés par rapport au concept historique du musée : les objets perdent leur fonctionnalité originelle et deviennent de pur objet muséal, ce qui peut dire qu’ils sont des objets métamorphosés.13) Il est donc nécessaire d’avoir une explication concrète afin de faire partager ces changements. Pour faire connaître la santé sociale aux visiteurs du musée, des activités pédagogiques sont aussi pratiques que des expositions, et cette confrontation permet d’avoir une discussion concernant la santé médicale de manière interactive. Cela peut expliquer l’aspect souhaitable d’une maximisation de l’utilisation pédagogique du musée avec lequel nous pouvons évoquer la forme du musée de la santé.

 1) Hyung-jo, HAN <Pourquoi la philosophie orientale?>, 03.04.2009.

2) Yin signifie l’état calme, et Yang présente le dynamisme. La philosophie des principes yin et yang symbolise donc la  conciliation des choses contraires.

3) Gyo-bin, KIM <La philosophie orientale et la médecine coréenne>, 30.08.2005.

4) Colin Jones, <The Cambridge Illustrated History of France>, 1994, p.13.

5) L’intretien avec Hoon-gyu, LEE, médecin en médecine orientale, 26,10,2010.

6) La conférence télévisée de Joo-yeul, Ryu, directeur de clinique de médecine orientale de Dong-Sung, 21,02,2000. TBC.

7) Dans la médecine philosophique traditionnelle qui divise les types de constitution en quatre : petit yin-soeumin/ petit yang-soyangin/ grand yin-taeeumin/ grand yang-taeyangin.

8) Le musée de la médecine de Séoul, http://www.medicalmuseum.org/

9) Le musée médical de Dong-Eun, http://yuhs.iseverance.com/press/history/museum/dongeun/

10) Le musée médical de la faculté de Kawasaki(川崎医科大学現代医学教育博物館), http://www.kawasaki-m.ac.jp/mm/

11) Le musée de la médecine coréenne de Sancheong, http://museum.sancheong.ne.kr/

 12) http://healthfair2010.co.kr/

13) A. Malraux, <Le musée imaginaire>, 1965, Gallimard.

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