Publié par : m2museologie | 27/10/2010

Plaidoyer pour un Musée de la Santé en tant que musée de société

Plaidoyer pour un Musée de la Santé en tant que musée de société

 

« Il faut que tous les spectateurs reçoivent

des impressions profondes qui les portent à penser,

à combiner des idées et enfin à tirer de leurs propres

réflexions de grandes vérités »[1] (Vicq d’Azyr, 1791)

 

 

L’article propose à débattre l’impératif qui se pose face à la concrétisation du Musée de la Santé, sa réalisation en tant que musée de société. En vue de cela, il convient de décliner cette question sur deux aspects : le concept de musée de société qui entraîne le nouveau type de rapport public-musée et fait du Musée de la Santé un véritable dispositif social de médiation – ce qui crée le cadre théorique de l’article -, et, finalement, on essaiera de répondre à la question comment comprendre la santé au sein de nouveau musée ?

 

La Nouvelle Muséologie change le rôle du musée dans la société et entraîne un nouveau rapport public-musée

Dans cette première partie on va faire le point sur comment le rôle du musée a-t-il changé dès l’apparition de la Nouvelle Muséologie (qui a né le concept de musée de société), et, effectivement, en quoi consiste-t-il, le nouveau rapport public-musée.

Si jadis le musée se définissait comme musée artistique, quel que soit son profil (histoire naturelle, beaux-arts, etc.), aujourd’hui l’institution rencontre, dans son devenir, le défi d’une société en plein changement, et dont les acteurs demandent et s’en attendent à un nouveau type de rapport. Depuis les années soixante-dix le musée a subit un changement important, dû à des conditions économiques et politiques[2]. L’axe du musée se déplace vers le visiteur (voire la Société) et le met en centre de sa politique. C’est ce qui s’appelle la Nouvelle Muséologie. Un article daté 1978 s’intitulait déjà « Hands on at the Museum » et continuait « Naturalist center provides tools ans specimens for amateurs to mount their own explorations ». En1984, la Déclaration du Québec statua le nouveau cadre de la muséologie : « “museology must seek to extend its traditional roles and functions of identification, conservation and education to initiatives that are more far reaching…..While preserving the material achievements of past civilizations and protecting the achievements characteristic of the aspirations and technology of today the new museology….is primarily concerned with human development, reflecting the driving forces in social progress and associating them in its plans for the future. [3] »

Il est donc bien évident que désormais le concept de musée se joue en termes de représentations sociales et politiques et s’articule avec le social et le politique.

Quelques années plus tard, en octobre 1987, il y a eu le International Workshop on New Museology, en Aragon, Espagne, qui a conclu que la muséologie doit se baser sur les réalités sociales et doit orienter sa politique vers l’advenir de la Société, son développement, sa transformation, par le biais de la population (elle doit y en être partie prenante)[4]. Cela nous amène au deuxième point de notre question, quoique cette idée soit déjà anticipée dans les paragraphes antérieurs, le changement de rôle que le musée a subi depuis lors, et qui est directement lié au troisième point, le nouveau rapport public-musée.

La condition qui s’impose au nouveau musée c’est de refléter la société en évolution[5]. Il doit être envisagé en tant que musée de société (en gardant néanmoins son côté historique – histoire de la santé) car les évolutions politiques, économiques, sociales ont changé d’une part le rôle que le musée joue dans le devenir d’une Société, et d’une autre part, la demande que le public a vis-à-vis de l’institution muséale et, et mutuellement, l’intérêt que le musée a à la population ; deuxièmement car la santé elle-même représente un enjeu social.

De nos jours, les musées assurent l’apprentissage informel et l’inclusion sociale[6]. L’article de Nelson Goodman pointe justement cette fonction que le musée réalise en vue d’assurer l’advenir de la Société : « Museums of different kinds do have some different problems, but their common end is improvement in the comprehension and creation of the worlds we live in. »[7]

Pareillement, deux enseignants de l’Université de Pennsylvania (les Etats-Unis), Sanfort Sivitz Shman et Dr. Madhu Prakash, se sont posés la question essentiellement importante par rapport au rôle que le musée et le public ont dans le bon développement de leur communauté : « “Does the museum community take seriously its responsibility for developing a responsible public that will help create a better, healthier, and ultimately safer world? » [8]

Cette tâche devrait être bien desservie par le Musée de la Santé et s’y adresse carrément, d’autant plus que la santé se trouve actuellement au cœur du social et du politique et elle représente de nos jours, comme déjà pointé, un enjeu social essentiel. On reviendra là-dessus dans la partie finale de l’article.

Le nouveau rapport public-musée se décline sur deux aspects : l’intérêt et le besoin de faire participer le public dans le cadre des expositions, qui entraîne ensuite la nécessité de faire « parler » les objets, de les interpréter comme témoins de la société et deuxièmement faire participer la population au niveau politique, c’est-à-dire l’inclure dans la politique du musée, en créant des comités où on invite des représentants de la communauté avec laquelle le musée travaille. Cet ultime aspect nous semble plus important et plus participative car effectivement les gens sont interrogés sur une question ou une autre, les esprits des muséologues et des participants s’articulent ; il y a, lors des réunions, pourrait-on le dire, un plus d’effervescence et elles représentent un véritable point d’émergence des opinions, des jugements. C’est carrément un débat face à face qui fait naître des décisions et des solutions à l’égard de la société.

Véritablement ce concept de musée de société est conçu afin de faire participer le visiteur, de le faire vouloir savoir, de le faire se développer, puisque l’Homme est à la fois donneur, intermédiaire et réceptacle des savoirs et des faits sociaux. On peut affirmer que le rapport entre le publique et le musée de société se traduit dans un changement du rapport au savoir « mobilisant à la fois la dimension institutionnelle et la dimension médiatique des communications sociales, toutes les deux fortement portées par le musée »[9]. Le « spectateur » a accès à une quantité plus grande de savoirs dans un temps court. Ce qui change aussi c’est le support de savoir : ce n’est plus le livre, donc le papier, mais une machine. En résulte que le rapport même à notre corps se transforme ; on utilise presque tout notre corps pour apprendre, pour comprendre, pour connaître dans un contexte et un espace donnés. Ainsi, le corps advient un corps vécu transposé dans un espace vécu.

Il y a une toute scénographie qui est mise en forme pour que le musée en général et le Musée de la Santé en particulier (la santé elle-même représente un enjeu social), accomplisse sa fonction de médiateur social. Le musée advient un dispositif où se croissent et s’articulent l’art, le film, le théâtre, mais également les nouvelles technologies informationnelles, des supports multimédia, des bornes interactives, des dispositifs de type hands-on et même la conception 3D. Il y a toute une « poétique de l’espace »[10] qui se met en jeu autour

Créer le Musée de la Santé en tant que musée de société c’est exposer non pas uniquement les objets, mais les encadrer dans le contexte socioculturel temporal d’où ils ont été retirés. En présentant les pièces dans le contexte de leur époque, le musée sort de l’abstrait[11], les objets deviennent des symboles, et « parlent » d’une société où le visiteur s’y retrouve (lui-même), une société qui pourrait lui parler de son vécu, de son passe (il s y retrouve dans son intimité), mais qui également forme et transforme sa vision du monde réel, présente, dans lequel il vit. L’article de Nelson Goodman traite justement de ce rôle-ci du musée de former: « Works work when by stimulating inquisitive looking, sharpening perception, raising visual intelligence, widening perspectives, bringing out new connections and contrasts, and marking off neglected significant kinds, they participate in the organization and reorganization of experience, and thus in the making and remaking of our worlds. […]Works work when they inform vision; inform not by supplying information but by forming or re-forming or transforming vision; vision not as confined to ocular perception but as understanding in general. Clearly, works of science work in this sense, too, and so also do the collections of museums of science and museums of cultural and natural history […] »[12] Emmanuel Lévinas affirmait que « le fait que le regard se portant sur une chose est aussi un regard qui est couvert par cette chose ; que l’objet est un aveuglement quand on le regarde quand on le prend tout seul ; il nous faire voir moins (…) »[13] L’objet dont parlait le philosophe peut être Autrui, mais aussi bien, une pièce d’un musée. Le contexte apporte la concrétude (à l’objet) dans la complétude (qui représente effectivement « comprendre » le monde, les gestes, les mentalités, la culture, les coutumes, etc. qui entouraient une fois cet objet-là). « Rendus » dans leur passé, les objets deviennent des symboles d’un monde lointain et ce n’est que tel qu’on peut bien déchiffrer ce que la santé, la médecine signifiaient il y a quelques siècles. C’est aussi la complétude qui fait de Musée de la Santé, un musée de société (car on peut entendre ladite « société » sous deux facettes : la société – historique – qu’on veut exhiber et la société – de nos jours – qui est fait figure de spectateur. C’est justement cette complétude qui permet au visiteur de vraiment (se) comprendre, de s’interroger, de questionner ce monde-là et celui-ci.

Ainsi, étant mis dans une perspective comparatiste, le visiteur confronte sa réalité (qu’il vit) avec une autre qu’il appréhende par le biais des pièces. Le Musée de la Santé doit être un miroir où se croissent la santé d’aujourd’hui et celle d’hier, avec les pratiques des cultures étrangères, en menant le visiteur à se questionner sur la santé de demain. Des images, des objets, des films, des sons, des gestes, des témoignages s’accordent et sont orchestrés par le Musée.

Par conséquence on peut affirmer que le Musée de la Santé advient un véritable dispositif[14] (un média) (théâtral) de lien social. De plus, par le fait qu’il va disposer également des salles des conférences et vraisemblablement d’un centre d’études, le musée devient un outil de médiation entre les citoyens (en tant que public) et les chercheurs ou les enseignants-chercheurs. « Grâce à la diversité et à la qualité de leurs collections, grâce enfin à leur mission de transmission ils sont à même de relever le challenge d’acteur social, rôle que les collectivités publiques leur demandent de plus en plus d’assurer. Deux conditions sont alors requises : l’une est de choisit des thématiques qui intéressent autant les publics amateurs que les publics peu ou pas familiers, mais également de les amener progressivement vers des sujets plus complexes ; la secondes est que l’appareil muséographique et d’aide à la visite soient capables de répondre aux interrogations des visiteurs, dans un langage simple, tout en ouvrant des perspectives informées par l’activité de recherche, indispensable à la vie des conservateurs et des musées ! ».[15]

 

On achève cette première partie de l’article, en offrant comme exemple le travail de Frank Friedman Oppenheimer (1912-1985), professeur de physique à l’Université de Colorado en Boulder, qui a conçu un espace dédié aux étudiants pour qu’ils puissent appréhender les connaissances par le biais de l’ expérimente[16]. Egalement, il a crée un Musée des sciences qu’il va dénommer ensuite Exploratorium. Oppenheimer y ouvre aussi une école où il organise des cours. En 1979 il met au point un cours appelé « Medical Technology Series », programme qui a concentré le travail des physiciens et de chercheurs médicaux et a utilisé des techniciens médicaux bénévoles qui devaient expliquer aux participants le fonctionnement de l’équipement de chaque programme ou bien répondre à leurs questions.[17] Il y avait des programmes mensuels dédiée au « Speech and Hearing », « Vision », « The Heart-Lungs », « Movement of the Body », « Imagining the Body: From X-Rays to Ultrasound » et « The Technology Treatment: Cancer Therapy ».[18] Les gens se décidaient à prendre part à ce cours soit par curiosité, soit à cause du fait qu’ils étaient malades, eux ou leurs proches.[19] Cet aspect qui les pousse d’y aller c’est éminemment important. Il parle en fait d’un rapport entre le soi du malade et son corps ; on a affaire avec un manque d’intégrité ; l’intégrité soi-corps est sapée, affaiblie et, ce qui est encore plus important, elle est conscientisée. En y allant, les malades franchissent une entrave, un écart, ils rétablissent un équilibre et ladite intégrité. Ceci rejoint l’idée mentionnée précédemment, conformément à laquelle dans un musée de société le rapport même à notre corps change.

 

 

Comment comprendre la santé dans un Musée de la Santé ?

Dans cette deuxième partie de l’article nous nous proposons d’essayer de répondre à une question actuellement ardente et beaucoup abordée à la fois par des médecins, des historiens, des philosophes, des anthropologues, etc. Nous ne prétendons pas de faire une analyse exhaustive de ce sujet. Le champ de recherche reste toujours ouvert, vaste et très riche.

Conformément à la définition formulée par l’Organisation Mondiale de la Santé, la santé est « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité »[20].

Néanmoins, quant pour une explication exhaustive (dans le sens d’une formule qui comprend la santé dans sa totalité d’aspects et directions), la définition ci-dessus apparaît être très restrictive. Son caractère limitatif consiste en le fait qu’elle est montrée juste comme un concept positif (ce qui est observé aussi par Elodie Giroux[21]), alors que la santé comprend aussi la pathologie.

Aurait-on tort si on pensait la santé juste en termes médicaux ? D’autant plus serait-il erroné de la penser, de l’exposer juste par rapport à la médecine. Faudrait-il élargir le spectre. En allant donc plus loin, on trouve approprié d’affirmer, qu’en fait parler de la santé c’est parler d’un côté de la médecine, strictement [la médecine, la pharmacie, le personnel médical (les médecins, voire leurs spécialisations, les sœurs…., voire leur rapport à leurs patients), l’imagerie médicale, les facteurs[22] qui l’influencent d’une manière ou d’une autre (le savon, l’eau, la nourriture), les traitements, les médicaments, les lieux de santé (l’hôtel-dieu, l’hôpital moderne, les quarantaines, les cimetière pour la peste, pour la lèpre, pour les autres gens – le cimetière aussi peut parler des principes qui dirigeaient la société – les tueurs, ainsi que les suicidaires, étaient enterrés séparément d’autres gens de la communauté puisqu’il était considéré qu’ils ont transgressé les lois de la société), les livres (témoignant d’un passé médical, les journaux, les registres médicaux), les malades (patients ou pas, et ceci renvoie à la question du rôle de la médecine dans la société, comment était-elle vue, aperçue, reçue par les gens, s’ils y appelaient ou pas), les épidémies], mais d’un autre côté, des représentations, de la société, des mentalités, de la religion, de la beauté, de la laideur, du bonheur, du corps, du sport, des mœurs (et à nouveau, la liste peut continuer).

La santé est aussi l’esprit, la psychique, l’âme, on parle aussi d’une santé du physique qui est toujours en relation directe avec l’âme et l’esprit, et on y ajouterait que la santé physique dépend de celle de l’âme.

La santé (est tout ce que ceci peut inclure) a été depuis des siècles liée à la société (aux mœurs et aux mentalités) et nous semble-t-il impérativement nécessaire de rebondir sur cet aspect, pour qu’elle puisse être proprement entendue (et pour avoir une perspective correcte de son rôle joué au cours de l’histoire).

Il est désormais bien reconnu que la santé ne reste plus enfermée strictement dans l’acception médicale du terme, mais ce sont aussi les sciences humaines qui entrent en jeu et qui apportent leur contribution à la définition du concept. Georges Canguilhem argumentait que la santé « c’est une marge de tolérance des infidélités du milieu », « son infidélité c’est proprement son devenir, son histoire »[23]. La santé donc ne prend sens pour une existence que dans un milieu donné. Alors, elle en dépend, elle évolue ; elle bouge selon le milieu. Celui-ci, faut-il le dire, est caractérisé par des données sociales, culturelles et politiques. Ainsi pourrait-on dire que la santé se décline sur différents niveaux (chronologiques, historiques, sociaux, culturelles, idéologiques, politiques, économiques, géographiques). Le concept de santé reste ouvert à l’interrogation des visiteurs, en le réinscrivant et réintégrant incessamment dans son contexte social et culturel.

Par conséquent, le Musée de la Santé doit proposer d’appréhender la santé et son histoire à partir d’une réflexion pluridisciplinaire afin de mettre en lumière des représentations socioculturelles d’un monde lointain, dont les objets muséaux sont les symboles. Par représentation on entend l’image que l’on se fait du monde (pris dans le sens large du terme), le monde transposé devant ses propres yeux. Par représentation socioculturelle on entend l’image suggérée à l’individu par la culture et les différentes normes, coutumes, règles qui définissent une société donnée dans un temps donné. Chaque objet médical, chaque instrument, c’est un instrument « vécu », qui porte un « bagage » et un « vécu » socioculturel. C’est justement la manière dont il était utilisé, le geste qui le manipuler, les discussions et les idées et la demande sociale de santé dont l’instrument est fruit et qui l’ont fait apparaître, ce qui construit ledit « bagage socioculturel ».

La réflexion pluridisciplinaire dont la santé est le sujet, doit être largement ouverte à la anthropologie. Ceci nous amène à un autre concept, celui d’anthropologie de la santé. Celle-ci traite des représentations et pratiques de soin et de guérison, des représentations de la maladie, du corps humain ; elle porte également sur l’imaginaire de la maladie qui se construit, sur le rapport entre l’homme et la maladie, à savoir comment il voyait la maladie, la cause de son apparition, et tout cela selon les différents époques et différentes échelles.

De même, le musée doit pointer l’aspect de la santé en tant qu’enjeu social. Cela est bien mis en évidence par les politiques de santé, issus de politique étatique ou par les mouvements et les actions entrepris par la société. On se réfère ici par exemple aux lois qui ont été promulguées contre le tabac ou les campagnes contre le cancer de sein ou contre manger trop gras ou pour faire du sport ou bien les politique hygiénistes et la liste reste ouverte.

On s’aperçue bien du fait que la santé se veut être bien cadrée ; elle est soumise à un control social et politique fort, toutes les lesdites lois, les campagnes, les publicités, les revues et les journaux sur la santé, les émissions de télévision, la popularisation de diètes, les produits qui sont censés rendre l’état de bien-être témoignent du fait qu’on vit dans un monde qui est sans cesse à la recherche d’un état parfait de bien-être. « Il ne s’agit plus seulement de lutter contre des maux extérieurs (bactéries, air impur…), mais aussi de prévenir ce que nous menace de l’intérieur : prédispositions au cancer, à l’obésité, aux troubles de la circulation… »[24]. En conséquence, il est vrai d’affirmer qu’actuellement, elle est devenue « un véritable bien de consommation »[25]. Ce fait a produit des mutations même au niveau du langage : être sain tente à s’identifier avec la beauté. On se pose la question : de nos jours, la santé est-elle reliée automatiquement à la beauté ? Et alors, ne parle-t-on plus uniquement d’une idéologie de la santé, mais d’une idéologie de la beauté et d’un modèle imposé par la société elle-même et par les médias, parle-t-on d’un archétype cultural de ce binôme santé-beauté ? Malheureusement, on doit avouer qu’on y est face. Est-ce peut-être parce qu’on a perdu la notion platonicienne du beau ou parce que les médias nous endoctrinent avec une nouvelle image de soi ? Ce sont des questions passionnantes qu’il vaut que le musée les avance aux visiteurs.

Il est juste donc de soutenir l’affirmation que la santé est bien « une façon d’aborder l’existence, ne se sentant non seulement possesseur ou porteur mais aussi au besoin créateur de valeur, instaurateur de normes vitales »[26] et tout ce qui reste écrit ci-dessus l’argumente.


[1] Michèle BRUYERE, Musée : outil de lien social ?, Lyon, Fage éditions, 2007, p. 4.

[2] Max ROSS, Interpreting the new museology, http://www.le.ac.uk/ms/m&s/Issue%205/ross.pdf

[3] “Declaration of Quebec : Basic Principles for a New Museology,” Museum 148 (1985): 201, apud Stephen E. WEIL, Rethinking the museum and other meditations, Washington and London, Smithsonian Institution Press, 1990, p. 31.

[4] Stephen E. WEIL, Rethinking the museum and other meditations, p. 55-56.

[5] Hein Reedijk, Quel musée pour les sociétés du XXIe siècle, http://www.ocim.fr/IMG/pdf/63.reedijk.pdf

[6] Fiona CANDLIN, Don’t Touch! Hands Off! Art, Blindness and the Conservation of Expertise, in Body & Society 2004 10: 71, p. 72, http://bod.sagepub.com/content/10/1/71

[7] Nelson GOODMAN, The End of the Museum?, in Journal of Aesthetic Education, Vol. 19, No. 2, Special Issue: Art Museums and Education (Summer, 1985), p. 57.

[8] Sanford Sivitz Shaman and Dr. Madhu Prakash, “Long Rage Planning for Museums: Promoting Public Escapism or Education for Public Responsibility,” The Museologist 51 (No. 17b, Summer 1987): II, apud Stephen E. WEIL, Rethinking the museum and other meditations, p. 31.

[9] Joëlle LE MAREC (dir.), Evolution des rapports entre sciences et société au musée, Culture et Musées, n° 10, Arles, Acte Sud éditions, 2007, p. 16.

[10] Gaston BACHELARD, La poétique de l’espace, Paris, Presses Universitaires de France, (1957) 2010.

[11] Sur cette idée a parlé aussi Ananda K. Coomaraswamy, curator at the Boston Museum, in Douglas DAVIS, « The Idea of a 21st Century Museum », in Art Journal, Vol. 35, No. 3 (Spring, 1976), p. 254 : « […] the context must be added by the museum, or the meaning of the object, beyond its form, looses its power […] ». http://www.jstor.org/stable/775945

[12] Nelson GOODMAN, « The End of the Museum? », in Journal of Aesthetic Education, Vol. 19, No. 2, Special Issue: Art Museums and Education (Summer, 1985), p. 56-57.

[13] Emmanuel Lévinas [D.V.D.] / réalisé par Pierre-André Boutang, Paris, Sodapéraga, 1988.

[14] Par dispositif on entend « tout ce qui a, d’une manière ou d’une autre, la capacité de capturer, d’orienter, de déterminer, d’intercepter, de modeler, de contrôler et d’assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants » : Giorgio AGAMBEN, Qu’est-ce qu’un dispositif ?, Paris, Payot et Rivages éditions, 2007, p. 33.

[15] Claude GILBERT, « M’dame, le lien social c’est quoi ? » in Musée : outil de lien social ?, Lyon, Fage éditions, 2007, p. 20.

[16] Edward P. ALEXANDER, The Museum in America: Innovators and Pioneers, Walnut Creek, AltaMira Press, 1997, p.117.

[17] Ibidem, p. 122.

[18] Ibidem.

[19] Ibidem.

[20] The Constitution of the World Health Organisation, p. 1.

[21] Elodie GIROUX, Après Canguilhem : définir la santé et la maladie, Paris, PUF, 2010.

[22] On peut les regarder aussi d’une perspective sociale, donc comme des facteurs sociaux qui montrent une société stratifiée, qui montre un certain mode de penser d’une société (dans différentes époques).

[23] Georges Canguilhem, Le normal et le pathologique, Paris, Presses Universitaires de France, 2010, p. 130, 131.

[24] Catherine HALPERN (coord.), La Santé : un enjeu de société, Auxerre, Sciences Humaines éditions, 2010, p. 23

[25] Ibidem.

[26] Georges Canguilhem, Le normal et le pathologique, p. 134.

 

 

 

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Responses

  1. Bonjour, la santé est l’affaire de tous…mais c’est vrai que lorsqu’on visite un musée on souhaite vraiment se distraire, or la santé évoque la maladie, la mort….Je travaille depuis 30 ans dans le milieu médical et je suis passionnée par les musées et expositions…. Le concept musée -social existe déjà mais se développe peu.
    A bientôt JA


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