Publié par : m2museologie | 28/09/2010

Les musées de médecine en France

Les musées de médecine en France

Il est tout d’abord important de savoir qu’il n’existe pas de véritable musée de la médecine à proprement parlé en France. En effet, aucune institution ne conserve ni expose l’ensemble des connaissances et du patrimoine constituants la mémoire ou l’histoire de la médecine.

Nous avons néanmoins en France, dans plusieurs villes ou régions des musées qui, chacun à leur manière, présentent une collection médicale,  toutes aussi différentes des unes des autres, en fonction du lieu. Ceux-ci sont aussi bien publiques que privés, et peuvent être gérés soit par des spécialistes de la santé ou de la médecine soit par des muséologues ou autres connaisseurs des milieux de l’exposition.

Cette différence dans la manière d’envisager l’exposition et la conservation des objets en fonctions des professionnels qui s’en occupent se traduit notamment dans le type des collections qui varient elles aussi. Certaines s’attacheront en effet aux importantes personnalités de la médecine ayant apporté une réelle avancée médicale. On peut alors citer le musée Claude Bernard de Lyon, le musée Pasteur et le musée Curie de Paris. On les nomme alors les « musées biographiques » où l’on trouve la conservation de documents historiques.

Nous trouvons aussi en France des musées qui se pencheront plus sur la question de l’institution hospitalière en présentant son patrimoine mobilier et immobilier mais aussi qui illustreront les conditions de vie de ce genre de structure à une certaine époque afin de dévoiler au mieux la manière dont les malades étaient traités mais aussi les pratiques médicales qu’ils subissaient. Nous citerons alors comme exemples le musée des hospices civils de Lyon (qui nous intéresse tout particulièrement ici), le musée hospitalier de Charlieu, le musée de l’hospice Saint-Roch d’Issoundun ou encore le musée des hospices de Beaune. Ce type de musée est totalement différents des autres cités plus haut, dans le sens où ils n’exposent pas les mêmes objets et n’ont pas le même but. On les surnomme parfois les « musées d’entreprises » car ces lieux de mémoire sont aussi, dans ce cas là, « des vecteurs de communication de l’hôpital comme larffirme notamment Gérard Tilles & Daniel Wallach dans leur ouvrage intitulé Les musées de médecine. Pour cela nous pouvons également nommer le musée hospitalier régional de Lille, le musée « imaginaire » de Marseille ou encore le musée Pierre-Fouchard de Paris.

Puis, nous avons, en plus de ces musées déjà cités, d’autres structures muséales, destinées elles aussi à la médecine mais dans le but d’enseigner plus particulièrement. Ce sont alors ce qu’on appelle les « musées pédagogiques » soit des lieux où on enseigne la médecine. Ceux-ci nous présentent alors la médecine pratiquée dans le courant du XIXe et XXe siècles. Il n’était d’ailleurs pas rare dans certain que des malades viennent exposer sinon confier leurs corps malades aux médecins afin de leur en apprendre davantage sur telle ou telle maladie, on appellait cela la leçon clinique. Le musée des moulages de l’hôpital Saint-Louis fait partie de ce type d’établissemen.

"Une leçon clinique à la Salpêtrière" Toile de Pierre-André Brouillet, 1887 représentant médecins et collaborateurs examinant une patiente hystérique

D’autres musées, quant à eux, s’intéresseront plus au corps et à la mémoire de celui-ci en le figeant notamment grâce à la science et à la céroplastie plus particulièrement soit l’art de modeler la cire afin de créer des moulages représentant les maladies de l’époque par exemple, une manière de présenter l’anatomie de l’homme telle une oeuvre d’art. ceux-ci sont des musées peu connus du public et à accès réservé car ils nécessitent une certain accompagnement intellectuel. On peut alors parler dans ce cas là du musée Dupuytren, musée d’anatomie normale et pathologique de la faculté de médecine de Paris.

Moulages en céroplastie présents dans les musées médicaux

Un autre type de musée va plus se pencher sur l’histoire même de la médecine. Ceux-ci racontent la naissance de la médecine, son évolution, ses avancées à travers le temps, et ce, à des fins totalement pédagogiques afin d’enseigner la médecine aux étudiants ou personnes intéressées. Ce genre de musée se situe généralement à côté sinon à l’intérieur des lieux d’enseignement. On peut citer les facultés de médecine de Paris, de Nancy, de Strasbourg ou encore de Lyon, qui présentent une toutes de belles illustrations. Ceux-ci mélangent alors les présentations artistiques et scientifiques avec des collections des variées et des bibiliothèques. Nous pouvons aussi présenter, dans cette analyse des musées de médecine, non pas un musée de la médecine de l’homme, mais un musée de médecine vétérinaire tel que la Maisons-Alfort de lyon qui allie la aussi art et science dans leur exposition, dans le but de conserver et faire connaître l’objet médical.

Musée d’histoire de la médecine et de la pharmacie à Lyon situé au sein de la faculté de médecine

Nous voyons alors qu’il existe différents types de musées de la médecine en France, chacun ayant pour but de conserver et présenter le monde médical mais de façon varié en focntion des collections. Ils cherchent néanmoins à montrer sinon dévoiler et protéger un patrimoine d’identité culturelle, de mémoire de l’homme mais aussi de souffrance (c’est se qu’affirme G. Tilles & D.Wallach dans leur ouvrage)

Reste à savoir maintenant si un musée de la médecine arrive et est capable de faire transparaître tout cela. En effet, il semblerait que cela soit bien difficile à faire traduire au public. Ces objets mis en vitrines ou ces mises en situation ou reconstitution de chambres hospitalières peuvent-ils rendre compte de l’histoire et de l’évolution de la médecine ? De sa pratique sinon de représenter ce qu’on appelle aussi cet art de guérir?

Il paraît très complexe de traduire la véritable richesse du patrimoine hospitalier sans en oublier telles ou telles choses, aussi intéressantes et importantes soient-elles. Il semblerait que c’est là que la muséologie entre en scène. En étudiant et envisageant la meilleure méthode ou manière d’exposer, de présenter et donc de faire connaître et comprendre toute l’histoire du monde médical qui est aussi, ne l’oublions pas, celle de l’histoire de l’humanité qui touche et conserne tout homme de cette planète.  

  

Justine SANTORO     

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Responses

  1. Justine
    Maintenant ce n’est plus un simple constat qu’il convient de faire, mais de faire oeuvre de réflexion sur un domaine propre à la création du MdlS dans l’HD. Voyez les propositions faites par Selyne (comment montrer le corps dans le MdlS de Lyon), par Edina (comment, pourquoi théâtraliser la Santé ds le MdlS de Lyon) etc… Ns en parlerons ce matin…

  2. Justine, voulez-vs apporter mercredi matin à la Doua, le livre de Tilles et Wallach, merci d’avance…


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