Publié par : m2museologie | 10/09/2010

Problèmatiques préalables soulevées par la visite du musée des HCL

1- Présentation du musée :

Un musée fondé en 1935 par Emile Delore, il est en état et n’a pas trop bougé depuis sa création. Ce musée expose le mobilier des salles de l’Hôpital de la Charité détruit en 1935, des tapisseries des Flandres et d’Aubusson, ainsi que des objets médicaux et chirurgicaux. Il raconte également l’histoire des grands noms de la médecine lyonnaise.

« Imaginé dès le début du XXe siècle, le musée des Hospices civils de Lyon n’ouvrit ses portes qu’en 1936. On privilégiait à l’époque l’exposition des beaux objets d’art décoratif et quelques pièces de « curiosité ». L’ouverture du musée était un hommage rendu aux bienfaiteurs de l’institution qui l’avaient dotée de toutes les richesses exposées et elle contribuait en même temps à glorifier la ville de Lyon et la tradition charitable de ses habitants. Le musée devait et doit toujours beaucoup à l’ hôpital de la Charité qu’on venait de démolir et dont plusieurs salles, classées Monuments historiques, furent reconstituées dans l’ancienne salle Sabran de l’Hôtel-Dieu : la salle du Conseil d’administration, la superbe salle des archives et la délicate apothicairerie ornée aujourd’hui d’une superbe collection de pots de pharmacie du XVIIIè siècle.
Petit à petit, le musée réservé au départ à un public cultivé va chercher à conquérir d’autres publics et notamment les scolaires.
Dans les années 1970, d’importantes transformations permettent de présenter des objets et instruments de médecine et de chirurgie et de mettre en valeur l’école médicale lyonnaise et les grands noms qui l’illustrèrent.
Quelques aspects des conditions d’hospitalisation d’autrefois sont également présentés dans une nouvelle aile affectée au musée ainsi qu’un bref historique des Hospices civils de Lyon. »

Source : Site des Hospices civiles de Lyon

2- La collection :
Un fond très important ainsi qu’une diversité des média. Les objets exposés au musée des HCL sont très hétérogènes. (cf. voir typologie des objets) En effet, instruments chirurgicaux, armes, instruments de musique, mobilier, costumes, livres anciens, tableaux religieux, s’y côtoient ainsi qu’objets, sculptures, peintures, photographies.

3- L’organisation de l’espace :
Cette hétérogénéité des objets exposés sans ordre, ni logique apparente conduit à un sentiment de surcharge et de multiplication gratuite des objets :
–    La collection d’objets est répartie sur 5 salles de manière semble-t-il arbitraire puisqu’aucune logique, thématique ou chronologique par exemple, ne se dégage. Les instruments médicaux (outils chirurgicaux ou gynécologiques) sont exposés à côté du mobilier de l’hôpital de la Charité. De même, objets des XVIII, XIX, et XXe ne sont pas distincts. Impression d’un « cabinet de curiosités ».

–    Nous nous trouvons donc face à une multiplication d’objets différents mais également face à une multiplication d’un même objet (ex : la vaisselle et les pots dans la première salle du musée). Conséquences de cela, une banalisation de l’objet qui conduit à un désintéressement plus ou moins important du visiteur.

A noter : Des objets, tels que la tour d’abandon des enfants ou des appareils de radiologie, sont également exposés à l’extérieur du musée, dans la salle du dôme où se trouvent également deux entrées de services médicaux. La vision d’ensemble de cette pièce est assez surprenante : l’histoire semble ici prendre le pas sur la médecine contemporaine. Cette impression demeure la même dans tout le bâtiment de l’Hôtel-Dieu.

4- La mise en valeur de la collection :
Cela revient à dire que les collections ne sont pas mises en valeur. Les objets sont tous mis sur le même plan, ils semblent simplement  «  posés » en ces lieux. Il n’y a pas de valorisation particulière de l’objet. Le musée apparaît en conséquence pour le visiteur qui s’y attarde plus comme un lieu de conservation qu’un lieu d’exposition. Ex : exposition dans la dernière salle (salle de l’Apothicairerie) de deux trésors, un trouvé dans un mur de l’hôpital de la Charité et un abandonné lors du siège de la ville de Lyon en 1793. Bien que nous soyons face à des objets dignes d’intérêt et de curiosité et uniques, ils ne font l’objet d’aucune valorisation particulière puisqu’ils sont simplement posés, quasiment en vrac, et mis sous vitrine. En outre, aucune explication ne vient éclairer le visiteur sur ce qu’il est entrain de contempler. De même, les fiches qui sont mises à disposition des visiteurs à l’entrée de chaque salle n’ont pas une visée explicative, il ne s’agit pas d’apporter plus d’informations sur ce qui va être vu, mais une visée purement descriptive, puisqu’elles ne font que résumer ce qui se trouvent dans la salle.

5- Problématiques soulevées par la visite :

Que montrer ?
Qu’est ce qui fait ou non l’intérêt d’un objet ?
Comment organiser les collections ?
Comment mettre les objets d’art ou techniques en valeur ?
Questions  pratiques liées à la création d’un « musée de la santé » : Comment rendre ce musée plus attractif et vivant ? Comment restructurer l’espace ?

6- Conclusion:

Suite à la visite du musée des HCL, un certain nombre de questions se posent à nous, en particulier celle de l’organisation des collections. La richesse de la collection du musée est frappante et indiscutable bien que celle-ci ne soit pas valorisée autant qu’elle le devrait. La question qui va nous intéresser dès à présent est celle de l’organisation des collections et de l’espace dans le futur musée de la santé: comment organiser les collections du musée des HCL et des autres musées lyonnais afin de les valoriser? Il convient également de définir la fonction du futur musée de la santé afin de trouver un mode d’organisation adéquat. Autrement dit, quelle(s) organisation(s) des collections pour quelle(s) fonctions?


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Responses

  1. Vous vous posez les questions essentielles à notre type de raisonnement. Approfondissez ces questions en argumentant.
    N’oubliez pas que le lieu du Musée de la Santé (MdS) n’est pas déterminé. Soit (cf (Dossier MdS) il sera une extension dans le périmètre de celui existant, soit il peut être conçu ailleurs : ce qui soulève quelques réflexions, puisque les salles reconstituées de l’Hô. de la Charité sont classées Monuments Historiques. Observez l’HD et essayez de trouver un lieu de destination….


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